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La Cour de cassation confirme la faute inexcusable de l’employeur : une décision clé pour les élus du CSE

Mardi 21 Janvier 2025

Le 22 octobre 2024, la Cour d’appel de Lyon a confirmé la reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur dans une affaire dramatique d’accident du travail. Cette décision, qui établit la responsabilité de la société à l’origine de l’accident, souligne l’importance des obligations de sécurité et le rôle central des élus du Comité Social et Économique (CSE) dans la prévention des risques.


La Cour de cassation confirme la faute inexcusable de l’employeur : une décision clé pour les élus du CSE
La Cour de cassation confirme la faute inexcusable de l’employeur : une décision clé pour les élus du CSE

La Cour de cassation confirme la faute inexcusable de l’employeur : une décision clé pour les élus du CSE

 

Le 22 octobre 2024, la Cour d’appel de Lyon a confirmé la reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur dans une affaire dramatique d’accident du travail. Cette décision, qui établit la responsabilité de la société à l’origine de l’accident, souligne l’importance des obligations de sécurité et le rôle central des élus du Comité Social et Économique (CSE) dans la prévention des risques.

Un accident marquant et ses conséquences

Le 20 septembre 2017, un opérateur polyvalent, M. [W], a été grièvement blessé lors d’une opération de déplacement de plaques de tôle. L’absence de mesures préventives adaptées et la défectuosité du matériel ont conduit à un accident aux conséquences irréversibles : incapacité permanente évaluée à 100 %, amputations et altérations graves de la santé.

Les fondements juridiques de la décision

Aux termes de l’article L. 452-1 du Code de la sécurité sociale, la faute inexcusable de l’employeur est caractérisée lorsque ce dernier avait ou aurait dû avoir conscience d’un danger et qu’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour prévenir le risque. La Cour d’appel a confirmé ce manquement en s’appuyant sur plusieurs éléments :

  1. Conscience du danger :
    • Le risque de chute de tôles était identifié dans le document unique d’évaluation des risques.
    • Un accident similaire s’était déjà produit dans l’entreprise en 2011.
  2. Manquements aux mesures de prévention :
    • Absence de mode opératoire précis pour les opérations de manutention.
    • Matériel de levage vieillissant et inadéquat.
    • Absence de formation spécifique et de périmètres de sécurité clairs.
  3. Violation des obligations de sécurité :
    • En vertu des articles L. 4121-1 et L. 4121-2 du Code du travail, l’employeur doit prévenir les risques par des actions adaptées et garantir un environnement de travail sécurisé.

Les conséquences de la décision

La Cour d’appel a confirmé les réparations allouées à la victime, notamment :

  • Une majoration de la rente d’accident au taux maximal.
  • Une provision supplémentaire de 150 000 euros.
  • Un complément d’expertise pour évaluer le déficit fonctionnel permanent.

Le rôle crucial des élus du CSE

Cette affaire met en évidence la nécessité pour les élus du CSE de jouer un rôle actif dans la prévention des risques professionnels. Ils doivent :

  • Vérifier la mise à jour du document unique d’évaluation des risques et veiller à sa correcte application.
  • Sensibiliser les salariés aux mesures de sécurité et signaler toute anomalie.
  • Recourir à des experts pour identifier les failles organisationnelles et techniques.
  • S’assurer de la formation adaptée des salariés, notamment sur l’utilisation des équipements dangereux.

Conclusion : un rappel des obligations de l’employeur

Cette décision rappelle que l’employeur porte une responsabilité absolue en matière de sécurité au travail. Les élus du CSE, en tant qu’acteurs de prévention, doivent être vigilants et proactifs pour anticiper et éviter les situations à risque. Cette jurisprudence renforce leur légitimité à intervenir et préconise une politique de prévention renforcée au sein des entreprises.

Pierre DESMONT
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